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La loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026 sur la justice criminelle et le respect des victimes, dite « loi S.U.R.E. », publiée au Journal officiel du 24 juillet 2026, resserre plusieurs délais de procédure devant le juge d'instruction, la chambre de l'instruction et le tribunal correctionnel. Ces règles, issues de son article 9, s'appliquent à compter du 23 octobre 2026. Elles imposent aux justiciables et à leurs avocats une anticipation nettement plus grande, en particulier lorsqu'il s'agit de contester la régularité d'une procédure.
L'entrée en vigueur au 23 octobre 2026 et le régime transitoire
L'article 12, V de la loi prévoit que l'article 9 entre en vigueur trois mois après la promulgation intervenue le 23 juillet 2026, soit le 23 octobre 2026.
Il précise en outre que les dispositions relatives aux requêtes en nullité devant le juge d'instruction (article 173-1 du Code de Procédure Pénale) et aux mémoires devant la chambre de l'instruction (article 198) sont applicables aux « requêtes formulées » à compter de cette date.
Les autres modifications (articles 221-3, 385 et 552 du Code de Procédure Pénale) entrent en vigueur à la même date, sans disposition transitoire particulière.
Les délais devant le juge d'instruction et la chambre de l'instruction
Le raccourcissement du délai de requête en nullité de la personne mise en examen (article 173-1 du Code de Procédure Pénale)
La personne mise en examen qui entend contester la régularité des actes accomplis avant ou pendant son interrogatoire de première comparution disposait jusqu'ici de six mois à compter de la notification de sa mise en examen. Ce délai est ramené à quatre mois.
Son point de départ est par ailleurs précisé :
Pour les actes postérieurs à l'interrogatoire de première comparution, le délai est également de quatre mois, à compter de chaque interrogatoire ultérieur ou de la notification des actes concernés.
La loi maintient une soupape : l'irrecevabilité est écartée lorsque la personne n'aurait pas pu connaître le moyen de nullité dans le délai.
En pratique, il appartiendra à celui qui s'en prévaut de démontrer cette impossibilité.
Enfin, les dernières phrases de l'article 173-1 qui étendent le même régime au témoin assisté et à la partie civile à compter de leurs auditions ne sont pas modifiées. Par l'effet de ce renvoi, le délai de quatre mois devrait logiquement leur être transposé ; ce point devra être confirmé par la pratique des juridictions.
Conseil pratique : demander la copie du dossier dès la mise en examen, dans les sept jours francs, permet de faire courir le délai à partir d'une date à laquelle la défense dispose effectivement des pièces.
L'encadrement du dépôt des mémoires devant la chambre de l'instruction (article 198 du Code de Procédure Pénale)
Devant la chambre de l'instruction, les mémoires pouvaient jusqu'à présent être déposés au greffe jusqu'au jour de l'audience, ceux adressés à distance devant parvenir avant ce jour.
Ce régime est désormais réservé au contentieux de la détention provisoire.
Dans toutes les autres matières, les mémoires doivent être déposés au plus tard trois jours avant la date prévue pour l'audience, sauf si la partie n'a pas pu connaître les moyens de nullité invoqués.
Les mémoires adressés à distance (télécopie, lettre recommandée avec demande d'avis de réception) doivent, eux aussi, parvenir à leurs destinataires au moins trois jours avant l'audience.
L'exigence d'un dernier mémoire récapitulant l'ensemble des moyens de nullité, à défaut de quoi les moyens non repris sont réputés abandonnés, demeure inchangée.
L'allongement du délai de dépôt des mémoires en cas de saisine de la chambre de l'instruction par son Président (article 221-3 du Code de Procédure Pénale)
Lorsque le président de la chambre de l'instruction saisit celle-ci au sujet d'une personne détenue depuis plus de trois mois, le délai de dépôt des mémoires passe de deux à trois jours ouvrables avant l'audience.
Il s'agit, cette fois, d'un assouplissement au bénéfice des parties.
Les délais devant le tribunal correctionnel
Le nouveau délai de dépôt des conclusions d'exception de nullité devant le tribunal correctionnel (article 385 du Code de Procédure Pénale)
Les exceptions de nullité doivent toujours être soulevées in limine litis, avant toute défense au fond.
La loi y ajoute cependant une exigence nouvelle : hors comparution immédiate et procédures assimilées (articles 395 à 397 du Code de Procédure Pénale), les conclusions écrites soulevant une nullité doivent être déposées au greffe trois jours avant la date de l'audience, à peine d'irrecevabilité.
Deux exceptions sont prévues :
Ce délai ne concerne que les conclusions de nullité : les conclusions au fond ne sont pas visées.
L'allongement du délai d'avis d'audience et du délai de citation (articles 385 et 552 du Code de Procédure Pénale)
Lorsque le tribunal correctionnel est saisi par une ordonnance de renvoi du juge d'instruction ou par un arrêt de la chambre de l'instruction, les parties doivent désormais être avisées de la date d'audience au moins quinze jours à l'avance.
Parallèlement, le délai minimal entre la délivrance de la citation et la comparution passe de dix à quinze jours, sous réserve des délais prolongés prévus par l'article 552.
Tableau récapitulatif
Les points de vigilance
En conclusion
Cette réforme poursuit un objectif affiché de « purge » plus précoce des nullités et de meilleure prévisibilité des audiences.
Elle reporte cependant sur les parties et d'abord sur la défense, une charge d'anticipation accrue : un moyen de nullité soulevé tardivement risque désormais d'être déclaré irrecevable sans même être examiné.
Le contentieux pourrait ainsi se déplacer de la régularité des actes vers la recevabilité des demandes et le calcul des délais.
Sources : Loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026 sur la justice criminelle et le respect des victimes, JORF n° 0171 du 24 juillet 2026, articles 9 et 12 – Légifrance
Cet article présente l'état du droit au 18 octobre 2026. Il ne constitue pas une consultation juridique et ne saurait remplacer l'examen de votre situation personnelle par un avocat.
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